mercredi 10 octobre 2007

Coderre à la guerre


L’ineffable Denis Coderre a finalement réussi à se rendre en Afghanistan, malgré les louvoiements et magouilles du ministre des Affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier. De fait, ce dernier a agi comme s’il avait quelque chose à camoufler. Les troupes canadiennes déployées en Afghanistan, à ce que l’on sache, ne sont pas la propriété exclusive du gouvernement du Parti conservateur du Canada, mais de l’ensemble de la population du pays.

Or, l’ensemble de la population du pays est représenté aux Communes, outre par le Parti conservateur, par le Parti libéral du Canada, le Bloc québécois et le Nouveau parti démocratique.

Il apparaît logique qu’une simple demande du député responsable du dossier des affaires étrangères de l’un des partis d’opposition devrait suffire pour que le ministère acquiesce à sa demande et lui prépare une visite des troupes sur place et, dans la mesure du possible, du théâtre des opérations. Ceci ne devrait même pas relever d’une décision politique, mais d’une procédure administrative.

Mais le parti de Stephen Harper se conduit comme si la présence de militaires canadiens en Afghanistan n’était que de son ressort.

Non pas que le périple de Denis Coderre, que ce soit à Kaboul ou à Kandahar, apparaisse comme indispensable pour remonter le moral des troupes présentes là-bas. Non plus que sa personnalité garantisse une conclusion hâtive du conflit qui sévit dans ce pays.

Si le ministre Maxime Bernier avait expliqué aux Canadiens qu’il voulait éviter aux Afghans ce que nous devons, nous, subir quand Denis Coderre décide de faire une sortie médiatique, peut-être alors son attitude nous aurait semblé moins suspecte. En effet, qui voudrait infliger à tout autre peuple de la terre un Denis Coderre?

À bien y penser, ce voyage de Denis Coderre en terre afghane ne serait-il pas un complot ourdi par l’entourage de Stéphane Dion?

D’abord, le temps qu’il a passé à dénoncer l’attitude du ministère des Affaires étrangères à son égard l’a écarté des querelles intestines qui sévissent à l’intérieur du Parti libéral du Canada. Une sortie de Denis Coderre sur la question, avec toute la diplomatie qui le caractérise, n’aurait certainement pas assaini le climat. Ensuite, le temps qu’il passe en Afghanistan accorde un répit à son chef qui peut risquer une déclaration officielle sans que celle-ci soit interprétée à travers le prisme politique, souvent déformant, du député de Bourassa. Enfin, la présence du député libéral dans un Tim Horton’s de Kandahar pourrait être susceptible d’en faire une victime collatérale de cette guerre. Pas une victime mortelle, mais une victime politique, M. Coderre ayant la propension de se comporter aussi subtilement sur la scène publique qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, ce qui pourrait lui valoir, qui sait, une remontrance de quelque officier de l’armée canadienne, ce qui serait sans doute bien vu tant du chef du Parti libéral, qui y trouverait une raison valable d’écarter son gênant porte-parole, que du ministre Bernier à qui il donnerait des munitions pour interdire d’autres visites du genre et conserver pour lui l’exclusivité de cette guerre.

Au fait, en disant préparer une éventuelle visite de son chef en Afghanistan, comment les Canadiens profitent-ils de la visite de Denis Coderre? Par un constat que nos soldats sont braves? Qu’ils sont utiles ou pas pour les Afghans? Que la mission devrait se poursuivre ou pas, immédiatement, en 2009 ou au-delà? Que nous rapporte Denis Coderre?

Vois-tu ce chemin misérable
Dont jamais n’ont foulé le sable
Que les pas du désespoir? …
C’est par là que je m’en irai.

Lionel Léveillé (Vois-tu ce chemin)

mardi 9 octobre 2007

Le Che vendu à la pièce


Quarante ans qu’il est mort. Ernesto « Che » Guevara, après avoir secondé Fidel Castro dans son soulèvement contre le régime dictatorial de Fulgencio Batista à Cuba, avoir occupé le poste de ministre des Finances dans ce pays, avoir séjourné en Afrique, a finalement échoué en Bolivie où il s’est placé à la tête d’une guérilla contestant les régimes en place en Amérique du Sud et l’influence des États-Unis dans la région.

Arrivé en novembre 1966 en Bolivie, l’Argentin d’origine était capturé par les militaires boliviens aidés par des agents de la CIA le 8 octobre 1967 puis exécuté le lendemain, 9 octobre, dans le village de La Higuera.

Pendant que des médecins cubains tentent à leur façon de préserver un certain héritage du Che, lui-même médecin, d’autres mettent en doute son courage ou en profitent pour en soutirer quelque bénéfice.

À l’hôpital Nuestro Senor de Malta, à Vallegrande, un village du sud-est de la Bolivie, là où le cadavre du Che a été exposé après son exécution, 33 médecins cubains dispensent des soins gratuits à la population locale. Au total, plus de 800 médecins cubains sont dispersés à travers la Bolivie et Cuba aura financé, à la fin de 2007, la construction de plus d’une quarantaine d’hôpitaux.

Le président de la Bolivie, Évo Morales, qui maintient d’étroites relations avec le régime de Fidel Castro, défend aujourd’hui les paysans et indigènes de son pays, qui, il y a 40 ans, n’ont pas adhéré aux vues défendues par Ernesto Guevara, au point même de dénoncer sa présence aux autorités, en rappelant leur état de subordination au pouvoir en place.

Pour Gary Prado, capitaine du détachement de l’armée bolivienne qui a capturé le Che, ce dernier n’avait rien d’un héros de guérilla quand il l’a fait prisonnier. « Il était triste à voir… sale et abattu. Il semblait dépressif, bien entendu en raison des circonstances, mais aussi conscient que son rêve venait de prendre fin et que son aventure avait été un échec. »

Si le capitaine Prado est capable d’une certaine analyse objective des événements passés, l’un de ses alliés de l’époque démontre que la cupidité surmonte l’obstacle des ans.

Gustavo Villoldo, un résidant de Miami, ancien agent de la CIA chargé de localiser Che Guevara, met en vente aujourd’hui une mèche de cheveux qu’il aurait taillée de la tête du révolutionnaire. Les enchères démarreront à 50 000 $ à l’Heritage Auction Galleries de Houston au Texas lors de la vente prévue pour les 25 et 26 octobre. Villoldo se vante, entre autres, d’avoir enterré lui-même le Che ce qui lui aurait permis de prélever cette mèche de cheveux.

Ces cheveux ne sont qu’un des articles mis en vente à l’encan. Il y a aussi la carte qui a permis à l’armée bolivienne de localiser Che et ses combattants, des télégrammes du président bolivien de l’époque quant aux progrès réalisés pour capturer le Che, des photos du cadavre de Guevara a demi dénudé , des messages interceptés qui ont permis la capture du Che et un jeu d’empreintes digitales relevées avant qu’il ne soit enseveli, l’autre ayant été remis au gouvernement cubain. Ces mains ont par la suite été sectionnées pour que le gouvernement cubain ne puisse facilement l’identifier.

Villoldo, qui a pris part au débarquement raté de la baie des Cochons en 1961, ne se formalise guère des critiques soulevées par sa décision de vendre les pièces en sa possession. « Je n’ai aucun dilemme moral et je ne me préoccupe pas de ce que les gens ou Cuba peuvent en dire. » Villoldo tient Che Guevara partiellement responsable du suicide de son père survenu dans le sillage de la prise du pouvoir de Fidel Castro à Cuba.

Le Che survivra donc désormais sous forme de touffe de cheveux sous verre dans quelque collection anticastriste, en plus de continuer à arpenter le monde sur des sacs à dos ou à orner, sur posters, des chambres d’ados.

Quand il allait par la foule,
Personne ne le voyait;
Il allait
Par les rues pavées de désastres
Et par les champs plafonnés d’astres.

Rosaire Dion-Lévesque (Ballade du solitaire)

lundi 8 octobre 2007

Canada-Québec à la une


Pour que le Canada fasse la une d’un quotidien aux États-Unis, il faudrait que son premier ministre s’immole par le feu devant le président américain en visite à Ottawa ou encore qu’il s’associe avec un ennemi honni : Cuba.

La dernière option vaut la une du Miami Herald à deux entreprises canadiennes spécialisées en soins de santé, dont une de la Beauce au Québec. Celles-ci offrent des services opératoires rapides et à un prix abordable aux Canadiens et, horreur!, aux Américains.

L’embargo américain, toujours en vigueur à l’endroit de Cuba, inclut effectivement les services de santé et les réactions face à l’initiative des compagnies canadiennes soulèvent le scepticisme du milieu médical étatsunien.

Quiconque a subi l’épreuve financière de devoir subir des traitements médicaux en milieu américain sait que les coûts y sont exorbitants. Quelques exemples : le remplacement d’une hanche coûte chez l’oncle Sam 38 000 $. Selon Daren Jorgenson de Choice Medical Services, de Winnipeg, la même intervention se règle 7 600 $ à Cuba. Aplatir un ventre trop proéminent revient à 2 800 $ à Cuba, contre 5 200 $ aux USA, et cette opération est souvent nécessaire au royaume du fast-food.

Mais ce qui fait grincer des dents les professionnels de la santé des États-Unis, ce sont les propos de M. Jorgenson qui affirme : « Cuba est reconnu pour ses standards élevés en soins de santé. » La réaction des experts médicaux est davantage politique que scientifique lorsqu’ils répliquent que les étrangers qui en ont les moyens financiers sont mieux traités que les Cubains.

Il n’empêche que la situation qui prévaut et la tendance qui s’installe de voir des Canadiens, des Espagnols, des Italiens sollicités des soins de santé à Cuba pique la curiosité des Américains, d’autant plus que des citoyens des États-Unis transitent par ces pays pour obtenir des soins à Cuba, en toute illégalité. Milica Z. Bookman, co-auteure du bouquin Tourisme médical dans les pays en développement reconnaît que ce pays dispose « des infrastructures nécessaires et d’un personnel bien entraîné » prêt à fonctionner si l’embargo américain à l’endroit de Cuba vient à être levé.

Mme Bookman attend d’ailleurs une autorisation gouvernementale pour aller observer, dès le mois prochain si possible, le travail qui se réalise à Cuba.

Les promoteurs canadiens des services de soins de santé dispensés au pays du lider maximo tournent, au passage, en ridicule le documentaire de Michael Moore qui décrit comme idylliques les services hospitaliers canadiens. « Michael Moore devait être sorti pour le lunch quand son équipe a visité les hôpitaux canadiens. »

Alexandre « Sandy » Rhéaume, de Frampton, près de Sainte-Marie-de Beauce au Québec, dirige Health Services International (HSI) et décrit ainsi l’accès aux soins médicaux au Canada : « C’est un scandale politique quand on sait que les gens doivent patienter de 12 à 18 mois avant de profiter de certains types d’interventions chirurgicales. » Cette entreprise sans but lucratif a été mise sur pied par Lucie Vermette qui s’est intéressé à Cuba après avoir dû attendre six mois pour voir un spécialiste. HSI réclame 250 $ pour ouvrir et préparer le dossier, le patient paie directement les frais aux services cubains, dont 10 p. cent reviennent à HSI.

Voilà de la pression supplémentaire exercée sur le système de santé canadien où les soins sont de première classe en autant que les malades réussissent à y accéder, ce qui est démontré sondage après sondage.

M. Couillard a-t-il avalé la clé de la serrure?

Oh! L’infini m’étreint. Mon cœur avide
Tel l’éponge des mers se gonfle et se remplit.
Mais ma bouche qui s’ouvre est comme un antre vide
Où la morne impuissance habite et fait son lit…

Robert Choquette (Vivre et créer)

dimanche 7 octobre 2007

Québécois ou Chinois : le retour des choses


Le bras de fer entre le président de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada (PLC), Robert Fragasso, et le directeur général de l’organisation nationale, Jamie Carroll, continue de susciter la grogne chez les militants du Québec et la sénatrice Céline Hervieux-Payette appelle au calme.

Les propos de M. Carroll, homme de confiance du chef Stéphane Dion, n’ont pourtant rien de scandaleux pour un militant libéral fidèle aux traditions de son parti. Le multiculturalisme prôné et défendu par Pierre Elliott Trudeau s’inscrivait dans la droite ligne de la réaction qu’a eue Jamie Carroll quand on lui a demandé que le parti fasse plus de place aux Québécois et aux francophones, tant au quartier général que dans l’entourage du chef.

La réplique de Jamie Carroll, à croire M. Fragasso, a été aussi spontanée que sincère pour un Canadien inspiré de l’esprit du multiculturalisme lequel a été défendu par Mme Hervieux-Payette, ce qui explique sans doute son appel au calme. En effet, pourquoi jouer les vierges offensées quand le PLC a toujours été le parti de l’infériorisation des Québécois?

M. Carroll a simplement dit ce que tout Canadien du ROC (rest of Canada par rapport au Québec) pense profondément, soit : « Si j’embauche plus de Québécois, est-ce que je vais devoir embaucher plus de Chinois aussi? » Pourquoi des Chinois? On ne sait trop. Mais pourquoi accorder la priorité à des Québécois? Ça on le comprend.

La thèse « trudeauisque », endossée par tous les libéraux, d’hier à aujourd’hui, à moins que certains d’entre eux la dénoncent, ce qui n’est toujours pas fait, avance que les Québécois sont une partie de la population canadienne française; que les Canadiens français forment un groupe linguistique et culturel tout comme les Canadiens anglais; que les Canadiens anglais et français accordent aux groupes ethniques qui s’installent au Canada les mêmes droits et libertés qui sont les leurs. Donc, pas d’intégration culturelle, chaque groupe conserve la sienne. Pour la langue, le pragmatisme rendra évident pour tous que l’usage de l’anglais s’impose, qu’on soit Québécois, Chinois, Indien, Pakistanais, Jamaïcain ou autre. Le contenu de la charte canadienne des droits reflète cette volonté, surtout pour ce qui concerne les différences religieuses et culturelles, et les cours de justice traduisent dans leurs décisions ce qui est tacitement exprimé dans la charte.

Que Stéphane Dion, homme de clarté s’il en est un, ne se limite pas au stade référendaire, qu’il applique cette notion en expliquant l’absence de clivage entre Québécois et autres Canadiens, puisque le multiculturalisme s’impose. Beau sujet à développer en campagne électorale. Ensuite, on pourra parler clairement de nation canadienne anglaise, de nation chinoise, de nation indienne, de nation pakistanaise, de nation jamaïcaine, de nation… au même titre que de nation québécoise.

Les militants du PLC ne semblent pas encore comprendre, ils sont durs d’oreille. Convainquez-les quelqu’un!

Que de progrès nous vivrons alors!

Je n’ai que d’humbles mots
Pour parler de ma joie
Je n’ai que d’humbles mots
Pour parler de ma mort
Je n’ai que d’humbles mots
Pour dire la bonté
Des hommes de mon sang
Je n’ai que d’humbles mots
Pour vivre ma clarté
Homme trituré je fus
Homme de joie je suis.

Maurice Beaulieu (La terre que je suis)

samedi 6 octobre 2007

États-Unis : salmigondis


L’absence de compassion du président des États-Unis envers les plus démunis de sa société a, une fois de plus, frappé de plein fouet quand George W. Bush a opposé son veto à l’application d’une loi qui aurait permis à près de quatre millions d’enfants d’être protégés par le service public d’assurance-maladie.

Les motifs de ce refus sont de trois ordres, selon le président : cette mesure n’aiderait pas davantage les enfants les plus pauvres (ils sont déjà « couverts »), ce serait un pas vers un régime universel d’assurance et cela coûterait trop cher. Pourtant la législation prévoyait piger dans les poches des fumeurs pour financer l’extension du programme, pas dans le budget de la défense.

L’actuelle protection offerte aux enfants défavorisés remonte à 10 ans. Sa mise à jour aurait permis à 3,8 millions d’autres enfants d’en bénéficier d’ici 2012 en étendant la protection offerte aux ménages gagnant moins de 60 000 $ par année. Les coûts du programme seraient ainsi passés, sur cinq ans, de 35 à 60 milliards $.

Avouons qu’il est dans l’ordre des priorités de consacrer l’essentiel des efforts financiers des États-Unis vers la guerre en Irak où 170 000 jeunes américains sont déployés. Les coûts de cette guerre sont tellement astronomiques que les 25 milliards $ supplémentaires sur cinq ans, pour le programme de protection d’assurance-maladie apparaissent dérisoires à quiconque prend la peine d’y penser.

Une autre dopée

En pleurs devant les caméras, après des messages épistolaires adressés à toute sa famille et ses amis, la quintuple médaillée des Jeux olympiques de 2000 à Sydney, Marion Jones, avoue avoir consommé des stéroïdes indétectables (à l’époque en tout cas).

Le Comité international olympique (CIO) entend réagir prestement en lui retirant les médailles acquises, dont la plus importante, l’or, qui reviendra à Katerina Thanou, elle-même impliquée dans un scandale de dopage lors des jeux de 2004 à Athènes.

Une fois de plus, c’est l’entraîneur qui est visé. Les suppléments que lui faisait ingurgiter Trevor Graham étaient censés être de l’huile de lin, selon Mme Jones. Et, encore une fois, l’affaire remonte vers les laboratoires Balco. Plus ça va, moins Geneviève Jeanson va se sentir seul dans ses mensonges et regrets.

Villeneuve soulève la polémique

Notre Jacques Villeneuve ne fait pas que chauffer l’asphalte lorsqu’il se présente sur un circuit automobile, il réchauffe également l’atmosphère et fait grogner certains de ses concurrents.

Même pas encore qualifié pour la course du dimanche 7 octobre à Taladega en Alabama, le coureur-restaurateur essuie les foudres de coureurs en position de se mériter le championnat NASCAR dans cette catégorie. Selon quelques-uns des 12 coureurs en tête de liste de cette compétition, l’arrivée de Villeneuve, comme celle de John Hornish Jr, trois fois champion en Indy et une fois vainqueur de l’Indy 500, risque de mêler les cartes et ils ne comprennent pas pourquoi les autorités du circuit ont autorisé leur arrivée, ce week-end-ci en particulier. « Je ne doute pas du talent de Jacques Villeneuve, raconte Kyle Busch, ni de son habileté, ni de sa capacité de courir vite. Le seul problème que nous avons, c’est qu’il fasse ses débuts ici à Talladega. Il aurait pu débuter n’importe où ailleurs. »

Philosophe, Villeneuve a répliqué que si la même situation s’était produite en Europe la réaction aurait été 10 fois pire.

De quelques accords de guitare, Jacques réussira-t-il à apaiser les esprits?

24 chansons de trop

À 9 250 $ la chanson téléchargée via Internet, l’Américaine Jammie Thomas trouve salée l’exemple qu’un jury de Duluth, Minnesota, lui a servi pour démontrer que s’approvisionner illicitement en musique entraîne une violation des droits d’auteurs. Mme Thomas doit maintenant 222 000 $ à Sony, Arista, Interscope, UMG, Capitol et Warner Bros.

En tout, ce serait 1 702 chansons que l’inculpée aurait téléchargées sans permission par le biais d’un site nommé Kazaa, ce qu’elle a nié. Les plaignants ont toutefois porté leur grief sur les 24 titres dont la preuve était la plus évidente à démontrer. L’avocat des plaignants affirme que cette décision envoie un message clair : « Télécharger et distribuer des enregistrements sans autorisation est incorrect. »

Reste aux auteurs, compositeurs et interprètes à faire comprendre aux compagnies de disques et aux diffuseurs que de toucher des droits raisonnables, pour les artisans, sur la vente et la diffusion d’une chanson c’est également un droit à respecter.

L’air pur prend le frais

En Californie, deux municipalités, Calabasas et Belmont ont décrété l’interdiction de fumer… dans les appartements et condos.

Au Colorado, un couple a reçu un avis de cesser de fumer dans son condo après une décision des trois autres propriétaires survenue trois ans après l’acquisition de leur propriété. Ils ont contesté et ont été déboutés. Ils vivent maintenant dans une maison mobile en banlieue.

Les cas semblables se multiplient aux États-Unis.

Quand touchera-t-on au saumon fumé?

La valse des millions présidentiels

Hilary Clinton dispose, jusqu’ici, de 80,1 millions $ pour mener sa campagne à titre de candidate démocrate à la présidence. Son adversaire, Barack Obama, suit de près avec 1 million $ de moins.

Du côté des Républicains , Rudy Giuliani, compte sur 35,6 millions $, dont 10,5 millions $ récoltés entre les mois de juillet et septembre. S’il lui en manque, il ira puiser dans sa fortune personnelle.

Ce qui est intéressant sur le degré de confiance que possède chacun des candidats en sa capacité de l’emporter est d’observer la somme allouée aux primaires, c’est-à-dire la campagne qui désignera les délégués aux congrès respectifs des partis, par opposition à la campagne présidentielle elle-même.

Ainsi, Hilary Clinton consacre 62,6 millions $ aux primaires, laissant dans sa cagnotte 17,5 millions $ pour la campagne à la présidence. Barrack Obama met vraiment le paquet sur les primaires, ne se laissant que 4 millions $ pour la présidentielle. Giuliani emprunte la même voie en se réservant seulement 3,9 millions $ pour la course à la Maison blanche.

En tout cas, tous les candidats semblent conclure qu’une fois engagée la course pour l’élection de 2008, les fonds seront au rendez-vous, les primaires ayant servi d’amorce pour les intéressés qui préfèrent attendre le développement des tendances avant de se risquer.

Navire qui revient sans émoi, qui repart
Sans regret, impassible et prêt à tout hasard.

Mon âme résignée à toutes les partances
Qui voit d’un œil pareil la joie ou la navrance.

Jovette Bernier (Mon âme était pareille…)

lundi 1 octobre 2007

EN TRANSIT

L'auteur est présentement en transit avec les outardes. D'ici quelques jours, les prochains textes vous parviendront du sud avec quelques nouveautés. Suivez le guide.

Au fédéral le trésor s’enrichit, au Québec l’emploi dépérit



Fermetures d’entreprises, mises à pied temporaires ou définitives, débâcle dans le milieu forestier, délocalisation du secteur de la fabrication. Autant d’épreuves sociales qui risquent de mener l’économie du Québec vers l’anémie; et, plus encore, à l’échelle humaine, des drames de la vie de tous les jours où le vrai monde victime des rationalisations planétaires recherche la bouée qui lui permettra de demeurer à flot le temps de retrouver une raison de vivre : un revenu de travail décent afin d’évoluer dans son milieu sans s’y sentir stigmatisé par l’oisiveté forcée.

Les travailleurs de Paccar de Sainte-Thérèse, dont le carnet de commandes ne suffit plus, subissent les affres des mises à pied; les 380 travailleurs de Norsk Hydro de Bécancour voient s’envoler tout espoir de reprise avec le démantèlement de leur usine; les 450 travailleurs de GE Hydro du secteur Lachine à Montréal verront de leur salon l’installation de turbines sur le futur chantier de la Rupert, des turbines qu’ils cesseront de fabriquer en juin 2008; des centaines de travailleurs de moulins à scie et d’usines de papier, comme la Kruger de Trois-Rivières, se retrouvent au chômage du jour au lendemain.

Les 450 travailleurs de l’Alcan à Shawinigan, eux, lancent un cri d’alarme face à la fermeture appréhendée de leur usine en 2015 en raison de la vétusté des cuves Soderberg actuellement en opération.

Où aller quand toute une vie professionnelle a été consacrée à la mécanique et qu’il n’y a plus de constructeurs d’automobiles ou de camions? Quand sa spécialité est celle de machiniste et qu’il n’y a plus de tours disponibles? Quand le bois coûte de plus en plus cher à récolter, que la concurrence l’offre à prix dérisoire ou interdit son territoire en contravention des traités en vigueur? Quand des propriétaires d’usines ont préféré accumuler les profits au lieu de moderniser leur équipement? Quand les intérêts financiers distribuaient de généreux dividendes issus de la faiblesse du dollar canadien en lieu et place d’une stratégie de compétitivité accrue? Quand, sans gêne, ces intérêts prétextent maintenant la force du dollar pour expliquer la dérive?

Mais où se trouvent les ponts permettant de passer de l’emploi stable depuis cinq, 10, 15, 20 ou 25 ans vers de nouveaux horizons? Dans les goussets du trésor fédéral. Où se trouve les outils politiques pour bâtir ces ponts? Dans les poches de Stephen Harper.

Effectivement, il s’agit bien ici de ponts, au pluriel. Le tissu industriel québécois, comme le nord-américain en général, a bien évolué ces dernières décennies.

14 milliards $ de surplus budgétaires, près de cinq milliards $ de plus que prévus au budget 2006 – 2007; 6,4 milliards $ pour le premier trimestre de 2007 – 2008; plus de 90 milliards $ de surplus depuis 10 ans. Tout cet argent, notre argent, pourrait contribuer à reconfigurer le tissu industriel canadien et, entretemps, à soutenir la réorientation des carrières des personnes affectées par les mises à pied vécues semaine après semaine.

Le milieu québécois du travail, lourdement affecté par la transformation radicale du profil industriel qui suit son cours, sans considération pour les drames humains qui s’ensuivent, attend toujours que ses préoccupations soient relayées par les Maxime Bernier, Michael Fortier, Josée Verner et autres Lawrence Cannon du cabinet conservateur.
Un gouvernement qui a les moyens d’intervenir pour atténuer les difficultés vécues par sa population et qui y renonce en toute connaissance de cause est un gouvernement qui capitule. Un gouvernement qui capitule fait mieux d’abdiquer. Les Québécois jugeront dès lors à l’aune des efforts qu’il aura ou n’aura pas déployés pour atténuer les effets malfaisants de la désindustrialisation rampante.

Le travail c’est la santé. La paresse des conservateurs québécois à travailler pour le Québec démontre l’apathie chronique de ce parti perverti par son idéologie de laisser-aller du libre- marché. Ces forces du marché dédaignent la faiblesse et la vulnérabilité de celles et ceux qui doivent gagner leur vie à l’écart des revenus boursiers.

La bourse ou la vie!

Chaque matin je suis mordu
Du besoin d’aller vers un but
Que mon désir découpe au lointain dans la paix.

Alphonse Beauregard (Impuissance)