jeudi 8 novembre 2007

États-Unis Cuba Bush ignore l’ONU et repousse la main tendue de Castro


L’ONU, pour une 16ème année, a voté en faveur de la levée de l’embargo commercial et économique des États-Unis à l’endroit de Cuba qui perdure maintenant depuis 46 ans. Le président Bush fait fi du vote des 192 pays qui réclament la fin de ce blocus et puise sa détermination au sein de la diaspora cubaine de Miami. Celle-ci ne désarme pas face au lider maximo et réclame rien de moins que le retour de propriétés ayant appartenu aux familles exilées prétendument spoliées par le régime castriste.

Dès avant le vote intervenu à la fin du mois d’octobre, à l’occasion de l’assemblée générale de l’ONU, le président Bush avait clairement annoncé ses couleurs, deux semaines plus tôt, en organisant une rencontre avec un groupe cubain de Miami trié sur le volet. « Il ne nous a pas dit qu’il allait faire un discours sur le sujet, affirme Ninoska Pérez Castellón, l’un des leaders de la communauté cubaine présent, mais qu’il voulait en savoir davantage sur les familles des prisonniers politiques détenus à Cuba et nous entendre au sujet de l’épreuve qu’ils subissent. »

Cette rencontre faisait suite à une sortie de Raúl Castro, en juillet, qui déclarait : « Quelle qu’elle soit la prochaine administration (des États-Unis) devra décider si elle maintient l’absurde, illégale et stérile politique à l’endroit de Cuba ou si elle acceptera la branche d’olivier que nous lui tendons. »

Le directeur de Radio Mambí, craignant que le gouvernement des États-Unis ne prenne au sérieux l’approche cubaine, a indiqué au président que la seule politique possible était le maintien de la politique actuelle. Ce qui a fait dire à George W. Bush, à l’issue de cette rencontre que le mot d’ordre dans les discussions avec Cuba n’allait pas être « stabilité ». « Le mot d’ordre est « liberté », scande-t-il, en songeant sans doute à son allié du Pakistan qui concrétise présentement son deuxième coup d’état.

Le discours du président américain, qui a suivi sa rencontre avec les exilés, a, à la surprise des observateurs, fait l’objet d’une page complète de citations textuelles dans le quotidien La Gramma et d’une diffusion d’un quart d’heure sur la télévision nationale cubaine.

Cuba réplique

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, au lendemain du vote de l’ONU, a mis en garde les États-Unis s’ils tentaient de renverser de force le gouvernement en place à La Havane.

« Nous ne menaçons pas et nous ne bufflons jamais. Nous respectons les États-Unis et nous demandons le même respect pour nous. Nous défendrons notre pays contre n’importe quelle agression étrangère. »

Et commentant le mot d’ordre de « liberté » utilisé par le président Bush une semaine auparavant, l’ambassadeur ajoute : « Si l’utilisation de cette expression annonce une tentative de renversement de régime à Cuba, celle-ci se butera à la résistance du peuple cubain et ce peuple est prêt… Cuba ne représente pas une menace et souhaiterait entretenir des relations normales avec les États-Unis. »

La diaspora

Les exilés cubains ne désarment pas et la diaspora entretient la flamme anti castriste parmi la génération montante principalement regroupée à Miami.

Dernière offensive : la réclamation de propriétés en territoire cubain au lendemain de la chute du régime en place. Se basant sur une étude menée par une université du Nebraska, les Cubains de Miami estiment à près de deux milliards de dollars la valeur des biens saisis, confisqués ou étatisés par le régime de Fidel Castro. Ceux-ci vont de la possession d’une automobile jusqu’à celle d’une distillerie.

Les Cubains s’inspirent ainsi du mantra d’un opposant au régime de 88 ans, Pedro Miyares. Celui-ci ne cesse de répéter à ses proches, depuis quatre décennies: quand Fidel Castro tombera, vous devez retourner vous battre pour récupérer la ferme familiale.

La mémoire des opposants castristes est directement proportionnelle à l’entêtement présidentiel : Cuba doit regagner le giron étatsunien, sans quoi, point de salut.

Aurore, Soleil et Crépuscule;
Le Passé, le Présent, l’Avenir;
Toujours devant Jamais qui recule.


Guy Delahaye (Amour)

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